Avant, je faisais comme tout le monde…

18 janvier 2019
 

Une dizaine d’agriculteurs qui ont participé aux essais réalisés dans le cadre du projet LIFE Alister se sont réunis mi décembre, à l’invitation de la Chambre d’Agriculture et de l’ONCFS, pour un moment d’échange convivial autour d’une tarte-flambée, précédé d’ateliers de travail qui ont permis de dresser un bilan des actions et du cheminement réalisé ensemble.

Malgré des résultats techniques parfois décevants de certains essais, attribués pour une part au climat alsacien particulièrement capricieux ces dernières années, et d’autre part, au grand nombre de facteurs techniques restant à maîtriser, les agriculteurs ont dressé un bilan très positif de leur participation au projet. Ce dernier leur a permis d’expérimenter de nouvelles pratiques mais aussi de s’ouvrir à de nouvelles manières de voir et de penser.

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Des témoignages globalement positifs et quelques critiques

« Avant, je faisais comme tout le monde sans me poser de questions. Grâce aux essais du projet mais aussi aux formations, voyages d’étude et mesures proposés pour sauvegarder le hamster, j’ai fait évoluer mon système. Il y a dix ans je faisais de la monoculture de maïs, maintenant c’est complètement différent »

« Nous avons appris de nouvelles choses, de nouvelles techniques, des connaissances sur le fonctionnement du sol, des plantes, des auxiliaires, une nouvelle façon de voir notre travail »

« C’était intéressant à certains moments de pouvoir réfléchir ensemble, dans la CUMA de la plaine ou les réunions »

« J’ai réalisé que depuis des années mes pratiques n’étaient pas en accord avec mes aspirations, je ne me posais pas de questions mais n’étais pas satisfait et cela me motive de chercher des techniques qui permettent de me passer de certains produits »

Les agriculteurs considèrent que les essais de techniques de semis sous couvert qui ne sont pas encore maîtrisées, ne doivent pas être abandonnés pour autant. Parmi les difficultés rencontrées, ils ont regretté une certaine rigidité dans la manière de mener les essais, liée à des questions logistiques et de fonctionnement multi partenarial des actions, et auraient préféré que certains essais soient d’avantage co-construits et co-conduits avec eux plutôt qu’uniquement en fonction des besoins biologiques du hamster.

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Encore du pain sur la planche

Interrogés sur les travaux à poursuivre au-delà du projet, les agriculteurs ont évoqué de nombreuses pistes, telles que les cultures associées avec des légumineuses, les sous-semis avec des espèces ou des dates de semis mieux adaptées au climat alsacien, le non-labour, la culture de blé dans un couvert permanent de luzerne, voire même l’idée de commencer à tester des méthodes ou systèmes de cultures permettant de se passer de glyphosate puisque ce dernier risque d’être interdit assez prochainement. Pour cela, ils ont besoin d’un accompagnement par des agronomes, de poursuivre les échanges avec d’autres agriculteurs innovants, de continuer à réfléchir et partager localement leurs expériences avec leurs voisins. L’accès à des matériels agricoles spécifiques et des connaissances scientifiques et techniques sur ces sujets liés à l’agro-écologie ou l’agriculture de conservation des sols est également essentiel. Même si cela reste probablement modeste, les travaux menés dans le cadre du projet LIFE Alister ont, semble-t-il, introduit des innovations sociales autant que techniques dans la manière d’appréhender le métier d’agriculteur.

Des graines ont été semées. Reste à en prendre soin et à espérer que les conditions seront réunies pour une belle moisson.

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Interview de Hubert Charpentier

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