Comment améliorer l’efficacité des passages à faune,…

2 novembre 2015
 

véritables pièges pour le Grand hamster et la petite faune en général ?

La reconnexion des zones de présence du Grand hamster passe par les passages à faune

Le morcellement de l’habitat du Grand hamster et l’urbanisation sont deux menaces identifiées pour la survie de l’espèce. Les passages à faunes sont une solution permettant de réduire l’effet néfaste de ce morcellement. Mais des expérimentations menées dans les passages à faunes équipés de système de vidéosurveillances et de pièges photos ont permis de constater que certains prédateurs (notamment les chats errants) attendent les petits mammifères aux entrées des passages à faune.

Dans le cadre du LIFE ALISTER, une action, pilotée par le CNRS*, vise à proposer des solutions innovantes pour minimiser les risques de prédation du Grand hamster lors de la traversée de ces passages. Il s’agit de mettre en place des dispositifs de « refuge » dans les passages à faune existants, permettant d’augmenter leur utilisation par la petite faune des plaines tout en sécurisant leur traversée pour les espèces proies, dont le Grand hamster.

 

Le tube anti-prédation, une idée du CNRS

Des tests ont été réalisés en conditions contrôlées (à l’animalerie du CNRS) et le sont actuellement en conditions semi-naturelles (dans un enclos construit à cheval d’un passage à faune qui passe sous la Voie Rapide du Piémont des Vosges, appelé « Enclos VRPV ») avec des hamsters séjournant dans l’enclos et des hamsters « testeurs » relâchés pour une nuit.

Life Alister Passage à faune2En condition de laboratoire, différentes formes et tailles de tubes, qui serviront de refuge dans les passages à faunes, ont été proposées aux hamsters afin de trouver le meilleur compromis en terme d’accessibilité proie-prédateur. La taille des ouvertures latérales faites dans le tube protecteur doit permettre au hamster d’y entrer rapidement sans que ses principaux prédateurs puissent l’y suivre facilement. La perception et les réactions des Grands hamsters à la prédation seront également testées grâce à la présence d’un prédateur gardé dans une cage.

Life Alister Passage à faune

Dans l’enclos de la VRPV, l’expérimentation a lieu dans un passage à faune « test », équipé de moyens de surveillance vidéo et photos. Le tube « anti-prédation » (ajouré tous les 50 cm et d’un diamètre juste compatible avec le passage d’un Grand hamster) est disposé au sol tout le long du passage. Les chercheurs suivent le comportement de Grands hamsters entrant spontanément ou non dans le passage.

Afin de mieux appréhender l’utilisation que les Grands hamsters feront du passage et du tube « anti-prédation » différents tests doivent être réalisés avec et sans tube « anti-prédation » dans le passage, et avec et sans prédateur en cage dans le passage.

Pour les espèces telles que les hermines et les belettes, assez petites pour se faufiler aussi dans le tube « anti-prédation », il s’agira de vérifier que ce dispositif ne leur facilite pas la tâche.

 

Les résultats attendus

Les chercheurs du CNRS ont déjà observé de nombreux passages spontanés des hamsters séjournant dans l’enclos, et étudient depuis la fin de l’été le comportement de hamsters « testeurs » (placés pour 24h). Chaque lendemain, les hamsters sont re-capturés et on constate déjà leur utilisation du tube « anti-prédation » pour se mettre hors de portée de l’expérimentateur. L’analyse des photos (plusieurs centaines par nuit) et de la vidéo (4 caméras filmant 24h/24) débutera cet hiver.

L’objectif de cette action est d’aboutir à l’élaboration de directives définissant comment construire des systèmes permettant le franchissement des infrastructures routières par les Grand hamsters en limitant le risque de prédation.

Ces recommandations seront diffusées aux autorités responsables des projets d’aménagement et d’infrastructures routières dans toutes les zones de présence de l’espèce en Europe.

 

*recherches menées par Mathilde Tissier (doctorante financée par le LIFE Alister) sous la direction de Yves Handrich IPHC – CNRS en concertation étroite avec Jonathan Jumeau (doctorant financé par le CD 67 et la DREAL)

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