Caroline Habold – CNRS

caroline-haboldCHERCHEURE A L’INSTITUT PLURIDISCIPLINAIRE HUBERT CURIEN (IPHC) DU CNRS A STRASBOURG ET RESPONSABLE DU DEPARTEMENT D’ÉCOLOGIE, DE PHYSIOLOGIE ET D’ÉTHOLOGIE (DEPE).

Elle est spécialisée dans la physiologie et la nutrition animale et s’intéresse particulièrement aux adaptations des animaux aux carences alimentaires. Elle a soutenu sa thèse de doctorat en 2004 (Mécanismes cellulaires et moléculaires de l’absorption intestinale au cours du jeûne et après réalimentation). Ces études sur le jeûne lui ont valu l’obtention du prix Janine Courrier de l’Académie des Sciences en 2015.

Quand ont débuté vos recherches sur le Grand hamster ?

En 2010, j’ai commencé à travailler sur la problématique du Grand hamster en m’intéressant aux liens entre alimentation – hibernation et reproduction de cet étonnant mammifère. En découvrant ses conditions de vie difficiles au sein d’un habitat pauvre en diversité alimentaire (bien loin des 5 fruits et légumes recommandés à nous, humains !), je me suis alors orientée vers la conservation de cette espèce (NB : la biologie de la conservation est une discipline des sciences de la vie).

Lorsque le CNRS s’est associé au projet LIFE Alister, vos études se sont intéressées au maïs, pourquoi ?

Nous pouvons constater que la diminution des populations de Grands hamsters coïncide en partie avec le développement de la monoculture de maïs en plaine d’Alsace. Il fallait chercher les raisons de l’inadaptation de l’animal dans les parcelles de maïs. Avec ma doctorante Mathilde Tissier, nous avons notamment mis en évidence qu’une carence en vitamine B3 dans le maïs entraîne des infanticides chez les hamsters femelles. Dès lors, je recherche comment offrir de la diversité alimentaire à l’espèce et pallier ainsi des carences qui nuisent à sa reproduction.

De ce fait, vous collaborez avec la Chambre d’agriculture, également partenaire du LIFE Alister ?

En effet, dans le cadre du programme LIFE, nous échangeons avec les agriculteurs afin d’intégrer dans nos recherches les contraintes agronomiques et économiques qui seront à prendre en compte si nous voulons trouver des solutions pérennes pour le hamster et pour l’agriculture.  Je suis convaincue qu’au-delà du hamster, c’est tout un écosystème qui bénéficiera de ces nouvelles cultures et que l’agriculture en profitera en retour.

En effet, un changement des pratiques culturales favorables à la biodiversité conduira également à la restauration des sols et donc très certainement à de meilleurs rendements des cultures.

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