Peut-on mesurer l’impact des essais de cultures innovantes sur la qualité des sols ?

27 mai 2016
 

Depuis 2014, plusieurs hectares de terres agricoles font l’objet d’expérimentations dans le cadre du projet LIFE Alister. Il s’agit principalement de tester les pratiques de non labour (strip till), les cultures associées de sous-semis et les intercultures.

Blé dans un sous-semi de trèfle

Blé dans un sous-semi de trèfle

Aujourd’hui, ce sont 150 agriculteurs en Alsace qui participent à ces essais qui feront l’agriculture de demain.

L’objectif est d’identifier les meilleurs choix agronomiques afin de satisfaire à une productivité agricole intéressante pour l’exploitant et de permettre au Grand hamster de survivre. La population de Grands hamsters n’est toutefois pas le seul indicateur de biodiversité permettant de mesurer les bienfaits de ces techniques. Les partenaires du LIFE Alister prennent en compte la présence d’autres espèces animales pour valider l’intérêt de leurs actions. C’est le cas des collemboles.

Les collemboles sont des micro-organismes qui se trouvent dans la terre. Au même titre que les vers de terre, ce sont des composteurs de matières végétales. Ils contribuent à la dynamique des sols, ils sont révélateurs de la bonne santé de la terre.

Prélèvement de terre

Prélèvement de terre

Le CNRS, en collaboration avec l’ONCFS, a effectué des prélèvements de terre afin de mesurer la quantité de collemboles : 2 carottes de sols d’un diamètre de 9 cm sur une profondeur de 10 cm par zone étudiée.Le but était d’établir des comparaisons entre parcelles de culture innovantes et parcelles de culture dites conventionnelles. Sur chaque parcelle agricole, cinq prélèvements ont été réalisés et analysés par le Département d’Ecologie, Physiologie, Ethologie de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS, Université de Strasbourg), en collaboration avec le laboratoire Ecologie & Biodiversité de l’Université Catholique de Lille.

Systématiquement, le nombre de collemboles est plus important dans les parcelles innovantes, en moyenne 4 fois supérieur. L’abondance moyenne dans une parcelle conventionnelle est de 15.5 alors que sur une parcelle innovante, elle est de 67.5.

La richesse spécifique (le nombre d’espèces) est également plus importante dans les parcelles innovantes que dans les parcelles conventionnelles.

La confirmation, s’il en fallait, que le LIFE Alister profite à l’ensemble de la biodiversité de la plaine d’Alsace.

 

Collembole : Orchesella villosa Crédit photo : Cédric Devigne, Université Catholique de Lille

Collembole : Orchesella villosa
Crédit photo : Cédric Devigne, Université Catholique de Lille

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